Galerie Annexe Expositions à venir

Faire et être 
Du 16 au 26 mai 2019

Artistes :
Sarah Cousineau, Julie Fletcher, Henry Hong, Alixe Hysert, Analisa Kiskis, Amanda Lloyd, Karen Lu, Suzan Ozkul, Debbie Ratcliffe et Jake Riseborough

Commissaire : Rose Ekins

L’exposition Faire et être présente une sélection d’œuvres de dix artistes du BEING Studio, un collectif d’artistes ayant une déficience développementale qui travaillent en art visuel ou en écriture. Cette exposition couronne le projet In the Making, ou « en devenir », lors duquel, au cours de plusieurs mois, cinq artistes régionaux ont mené des ateliers de gravure, de photographie, d’assemblage, de céramique et de récits pour les membres du studio. Les œuvres ainsi créées à partir d’une expérience collective de partage des connaissances et d’expression par les arts explorent des notions d’indépendance et d’identité depuis des perspectives parfois étonnantes.

Karen Lu et Alix Hysert ont travaillé avec la graveuse Melanie Yugo pour créer des œuvres qui explorent des créatures humaines et animales à partir de lignes minimales, mais expressives. Aperçus de narratives autrement cachées, les oiseaux créés par Karen Lu et les visages composés par Alix Hysert captent des moments précis, figés dans le temps. L’artiste-photographe Rosalie Favell a encouragé les participants de son atelier à se servir de l’appareil photo pour exprimer leur identité de « superhéros ». Dans son travail, l’artiste Julie Fletcher se présente comme une risque-tout, posant avec fierté à côté d’un vélo tout-terrain, alors que Jake Riseborough remet en question les notions relatives à l’âge en se représentant, dans sa série continue, en « superbébé ». Sarah Cousineau quant à elle a choisi de s’insérer comme héroïne du conte Blanche-Neige en se photographiant dans la forêt, en parfaite communion avec des animaux.

Julie Fletcher, Henry Hong et Suzan Ozkul, en travaillant avec l’artiste en techniques mixtes Marissa Gallemit, ont réalisé des sculptures à partir d’objets et de matériaux trouvés. Ainsi, la montgolfière créée par Julie Fletcher juxtapose largeur et profondeur pour jouer sur les notions de poids et d’espace. Les motifs et textures appliquées minutieusement par Henry Hong invitent le public à aiguiser son sens de l’observation, alors que l’approche matérielle de Susan Ozkul remplit l’espace tout en commandant l’attention. Les artistes Jake Riseborough et Jenny Francis ont profité de l’atelier de Paula Murray, artiste en céramique, pour travailler des techniques traditionnelles de poterie. Les délicats motifs gravés sur la colonne asymétrique de Jenny Francis s’opposent à l’audacieuse approche texturée de Jake Riseborough. Dans son atelier, la conteuse d’Ottawa Kim Kilpatrick a encouragé les artistes Debbie Ratcliffe et Analisa Kiskis à se pencher sur leurs récits personnels. Debbie Ratcliffe, inspirée par ses rêves, détaille son rôle de « mère des dragons » qui doit protéger et soigner ces créatures mythologiques, alors qu’Analisa Kiskis se penche sur ses troubles auditifs et sa vie tout en partageant ses sons préférés et son amour du chant.

Quoique les artistes aient exploré divers thèmes et concepts, les notions d’identité et de l’environnement personnel ressortent dans l’exposition. Plusieurs artistes font preuve d’une approche positive, comme le démontre l’autoportrait de la « risque-tout » Julie Fletcher. D’autres, par contre, sont allés puiser plus loin encore pour faire ressortir des penchants plutôt négatifs : Jake Riseborough par exemple, se représente en « superbébé » dans son œuvre qui renvoi à l’infantilisation des adultes, alors que dans leurs récits, Debbie Ratcliffe et Analisa Kiskis rappellent toutes deux des moments de colère, de perte et de frustration. Pourtant, aucune des œuvres créées dans le cadre du projet In the Making  ne reflète ni l’impuissance ni l’absence de pouvoir. Dans ses photographies, Jake Riseborough ne se représente pas en enfant dépendant et vulnérable. Au contraire, il fait plutôt valoir son identité de bébé adulte superhéros. Les œuvres créées dans le cadre de ce projet collectif célèbrent donc la libre expression et le partage de perspectives individuelles. 

Cette exposition a pu être réalisée grâce à l’appui de :
La Ville d’Ottawa, Le Conseil des arts de l’Ontario et la Fondation communautaire d’Ottawa.

BIOGRAPHIE DES ARTISTES

Sarah Cousineau adore le dessin, la peinture et les projets. La musique, le film, la dance et ses collègues artistes l’inspirent. Elle adore écrire dans son calepin. Ça lui plait quand des gens regardent ses toiles et elle ressent le sourire de ses émotions. Elle vit pleinement l’exploration.

Julie Fletcher : J’adore être artiste. Ça fait plusieurs années que je participe au BEING Studio. J’aime ma vie. Je partage mes histoires. Il se forme une connexion. J’adore comment nous gagnons notre vie ici. Nous sommes des artistes. Nous partageons notre vie, notre musique. Je peins ma vie. Je me sers de mon imagination, de choses qui me viennent à l’esprit. Je crée mes rêves, mes peintures. J’aime bien être avec mes amis. Ici au studio, notre vie est plus importante. Nous partageons notre vie. J’adore m’épanouir et apprendre de nouvelles choses dans notre vie : nos rêves, nos buts, nos espoirs. Nous sommes flexibles et notre esprit est ouvert. Nous partageons nos sentiments. Ce que nous avons, c’est plus que nos sentiments exprimés. Nous partageons nos émotions. Nous sommes des artistes connus et nous sommes professionnels. Nous exprimons nos sentiments, nos émotions et nos pensées. Nous sommes des artistes, de meilleurs amis, et nos peintures servent à quelque chose.

Henry Hong : Je crois que je suis quelqu’un de spécial. Peut-être même une vedette. Je suis intelligent. Si de toute façon nous allons tous mourir, pourquoi mourir maintenant? J’aime la nuit sombre, la nuit noire. Je suis en vie, je ne suis pas mort. Je m’exprime par le dessin et par la réflexion. Avez-vous peur de mourir? L’art mène à la vie.

Alixe Hysert : Noir. Ouais tout le monde. J’aime le brun très, très foncé. J’aime les vaches brunes. J’aime les couleurs très, très foncées. Les vaches brunes de la ferme. Un cheval. Une vache. Un cochon. Un canard. 

Analisa Kiskis est une artiste professionnelle. Son art se centre sur elle-même, sur sa conscience de soi et sur son identité. Elle se cherche une scène artistique dans le vrai monde. Elle peint avec son âme et avec son esprit. Elle essaie toujours de nouvelles choses. Elle tente toujours de raconter son histoire.  

Amanda Lloyd : Je peins des tableaux abstraits. Je gratte et frotte et tapote et crée des couches. J’aime les motifs et les lignes et les textures. Je peins Cendrillon.

Karen Lu aime la peinture. Elle aime le peintre. Elle aime coudre. Elle aime le papillon. Elle aime le cahier d’esquisse. Elle aime le cours d’art. Elle aime l’écriture cursive. Elle aime les enseignants. Elle aime l’arc-en-ciel. Elle aime ça ici.

Suzan Ozkul est en amour. Elle est en amour avec son art. Elle aime les formes qui font partie d’autres formes, le texte, la couleur et les motifs. Son art est incroyable et magnifique. Elle est une artiste extraordinaire. Elle n’est pas nerveuse. Elle est calme. Elle aime tout. Elle aime les bonnes choses.

Debbie Ratcliffe : Nous voulons une nouvelle vision. Nous voudrions monter le ton un peu. Les couleurs du monde. Entendez notre cri. Nous sommes les reines et les rois de la couleur. Venez nous voir. Nous adorons l’art. Nous avons une déficience, puis après? Ici, nous sommes des sœurs spirituelles. Faire carrière en art veut dire rencontrer des gens, avoir un studio et exposer. Notre destin c’est notre travail et aussi aller parler en public. Nous faisons partie d’un casse-tête et nous sommes tombés en place. Ici, ce n’est pas un club, nous sommes des individus et nous partageons une passion pour l’art. Nous exigeons que ce que nous peignons soit authentique et vrai, peu importe l’artiste. Nous faisons preuve d’audace en création. Il est vrai que nous aimons notre travail. Nous sommes ici sur terre pour une raison. Nous nous taillons une place dans le monde. Je suis une artiste.  

Jake Riseborough est peintre et sculpteur installé à Ottawa, en Ontario. Sa récente série d’œuvres inclut Bratty Princesses and Kings, Adult Babies go to Work, et Super Babies. Il travaille avec une énergie intense, mais s’interrompt fréquemment pour observer. Il voudrait qu’en regardant ses œuvres, son auditoire retombe en enfance. L’œuvre présentée dans le cadre de l’exposition Faire et être fait partie de la série Super Babies.  

BIOGRAPHIE DE LA COMMISSAIRE
Rose Ekins, présentement installée à Ottawa, est professionnelle des arts. En 2016, elle obtient une maîtrise de l’Université Carleton en histoire de l’art avec spécialisation en expositions et en commissariat. Rose Ekins est directrice de EYE BUY ART, commissaire indépendante et écrivaine dans le domaine des arts. Elle fait également partie du conseil de SAW, un centre d’artistes autogéré.

IMAGE: Henry Hong, Portuguese Man of War, 2019, chambres à air de vélo, velours côtelé, feutre, laine, dimensions variées


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